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"La vie est un voyage, il suffit d'être prêt pour que l'occasion se présente" [proverbe mongol]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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... postées en Turquie


Petite visite d'Istanbul

Istanbul fut un lieu de pouvoir et de faste du temps des empires Romains et Ottomans. Sa situation a cheval sur le detroit du Bosphore, un pied en Europe et un pied en Asie, fait de cette ville un carrefour inevitable des noeuds de communication du pays. Mais c'est aussi et surtout une megapole de plus de 12 milions d'habitants que nous decouvrons au petit matin en roulant sur les grosses arteres qui nous conduisent vers son coeur historique. Nos premieres visions sont des mosquees enormes, des quartiers aux vielles maisons etroites et hautes, en bois ou en beton aux couleurs passees.

La ville bouillonne et chaque coin de rue est un spectacle, il faut juste attendre un peu pour capter le detail qui amuse. De la terrasse de notre hotel, nous en avons un bel echantillon. En face sur le toit, un chien passe la tete sur le rebord pour observer (comme nous) l'animation trois etage plus bas... une affiche placarde sur un mur fait la publicite d'un hopital specialise dans la circoncision... les pigeons viennent se poser trois terrasses plus loin pour manger dans les bols qu'un homme depose chaque matin (des lokums peut-etre ?)... un homme hurle sur les pavee de la rue a qui veut l'entendre qu'il collecte le plastique dans son chariot... le batiment en face nous donne l'occasion d'apprendre toute les etapes de fabrication d'une chaussure (ajourd'hui, baskets blanches)... un garcon porte sur un plateau pleine d'assiettes de soupes et de riz dans un sous-sol... les soudeurs interrompent leur travail et utilisent leur masque pour regarder l'eclipse solaire... ce matin deja le hamman du dessous fume de toutes ses cheminees... les hauts-parleur de l'ecole voisine joue ''la lettre a Elise'' pour appeler les ecolier (comme dans toutes les ecoles du pays)... un homme assi dans la rue fait tinter sa petite cuillere dans le verre de the.

Lorsque la nuit tombe, le film du jour devient une image fixe : silhouette de la petite mosquee Hagia Sophia, les points lumineux sur la mer, les rideaux tires de la voisine avec le linge au balcon. L'image... et le son du muezzin, puis d'un second, puis d'un troisieme. C'est l'appel de la priere du soir. Ainsi va la vie de ''notre'' quartier.

A cote de ces scenes stranboulites du quotidien, il y a beaucoup a visiter pour tout les touristes qui affluent chaque annee. Hagia Sophia et la Mosquee Bleue, le Grand Bazar et le moderne moderne de Beyoglu, Ortakoy, sa promenade au bord du Bosphore et ses cafes qui invitent a flaner.

Pour tous les grandes sites ''a voir'' selon le gerant de notre hotel et les guides touristiques, nous faisons vite l'experience qu'il est plus agreable de les voir de loin. Que reste-t-il de l'ambiance calme d'une mosquee comme la Mosquee bleu ? Quand un panneau affiche que les femmes doivent se couvrir la tete avant d'y entrer et que trois quart d'entres elles n'en portent pas, on se dit que les gens ne respectent pas beaucoup les coutumes locales. On ne vous parle pas de ces guides qui font resonner leur discours jusqu'en haut des minarets. On est peut-etre un peu dur, mais apres avoir visite tant de mosque dans le reste du pays, en Iran et en Asie centrale, on ne peut s'empecher de le penser.

Notre jeu depuis une terrasse de cafe ''ou sont les femmes voilees'' n'a pas beaucoup de succes dans le quartier de Beyoglu. Semblable a tout quartier moderne et branchee de Paris, Londres ou Stockholm, on voit dans ces rues la jeunesse et hommes d'affaires deambuler d'un pas rapide entre un cafe proposant Cappuccino et Iced coffee flavoured, une expo photos et le ''FNAC turque''.

La difference avec ces capitales europeennes se trouvent dans les labyrinthes du Grand Bazar . Les ''please come in'' and ''good price for you'' resonnent de toute part. Agacant a la fin mais si typique des methodes commerciales turques. On nous confiera tout de meme a plusieurs reprises que ce Grand Bazar se meurent doucement... trop de pacotille, trop de semblable, encore un effet pervers du tourisme de masse.

Pour notre part, nous retournons vite dans les quartiers populaires ou l'on mange pour 3 Euros et ou l'on ne sert pas de Cafe Illy, juste un cafe turc, une patisserie pour accompagnement.


Voila l'Istanbul comme nous l'avons vecu. Demain est un autre jour... celui de notre reprise de route vers la Bulgarie.

Ariane & Xavier (Turquie, le 30/03/2006 )


Le printemps s'installe

Quittant rapidement la route touristique Denizli-Antalya, nous retrouvons le calme et la serenite d'une vallee toute verte. Les oliveraies sont partout et couvrent de leur beau vert printanier toutes les collines environnantes. Nous traversons de grandes forets de pins, le resultat d'un travail de reforestation engage ici comme dans de nombreuses autres zones de Turquie. Les pruniers et pechers nous offrent leurs plus beau reveil avec des vergers en fleurs a perte de vue. Oui, l'hiver semble definitivement derriere nous.
En tout cas, nous pouvons pour la premiere fois planter sereinement la tente sans craindre le froid et nous nous offrons le luxe de cuisiner decontractes hors de l'abside de la tente. Les jours aussi se font plus longs et nous pouvons a souhait ralonger la pause du midi... ou faire plus de kilometres.

Nous pedalons a travers de pittoresques villages et, le soir venue, cherchons un coin ou poser la tente. Un village se cache derriere des vergers, nous y penetrons et demandons de voir le Muhtar (personne qui a une fonction de chef du village). Nous passerons finalement la nuit dans sa famille, une occasion de voir encore une fois la structure traditionnelle dans une famille. L'homme est responsable du revenu de la famille mais c'est a la femme que revient la tache de gerer au quotidien la bourse. Ce soir justement, Vedat revient avec une nouvelle importante : il a vendu la recolte de tabac de l'an dernier a la fabrique voisine. A la mine de sa femme, le prix n'est pas avantageux. Il faudra faire avec. Nous comprenons a cette nouvelle et aux conditions de logement les conditions financiere difficiles de la famille. Nous mangeons avec plaisir (toujours aussi bon) mais faisons attention de ne pas prendre dans l'assiette plus que les enfants. Le lendemain matin, c'est jour de fabrication du pain (lavash). Depuis le temps que nous voulions observer et participer a cet travail menager, nous y sommes ! En trois minutes, Ariane se retrouve avec le pantalon bouffant typique. C'est parti.

Ca commence avec le malaxage de la pate (bien 12 kilos !) a deux mains, Ariane se rend compte que ses avant-bras n'ont pas la force de ceux des femmes du village... Des petites boules de meme taille se forment les unes apres les autres pendant qu'une ancienne du village prepare le feux qui va chauffer une plaque de metal. Puis le ballet peut commencer. La pate est fýnement et progressivement etalee tres fýnement sur une planche en bois par des mouvements successifs d'un fin rouleau en bois. Le temps de comprendre la technique (une bonne heure tout de meme) et Ariane peut finalement donner a la preposee au feu sa premiere galette. Quelques minutes sur la plaque, les deux faces sont a plusieurs reprises exposees au feu. C'est fait. Des gestes repetes 4 a 5 heures pendant la journee, de quoi avoir suffisament pour le mois.

Plus le temps avance et plus de femmes affluent. Chacun prend le relais d'une autre, ca discute et ca plaisante sur les gestes parfois maladroits d'Ariane. Une femme nous demande si nous faisons aussi notre pain a la maison. Notre reponse negative semble les attrister au plus haut point... oui, que c'est bon le pain fait maison !

Nous finissons la journee par la visite d'un site antique grec, Aprodisisas. Nous avions hesite, nous ne l'avons pas regrette. Le stade est les restes de deux grande agoras nous donne la mesure de ce que fut cette citee il y a plus de 2000 ans.

Nous poursuivons dans la vallee et decouvrons fýguiers, cerisiers, fraises sous serres, orangers.. et nous voila sur la cote de la mer Egee. Nous nous retrouvons confronter avec les images des catalogues de voyage. Ce sont des complexes de betons qui s'etalent le long de la cote, des centres villes qui semblent ne vivre qu'au rythme des flots de touristes. Impression etrange de se retrouver dans des villages ou tout est neuf, c'est jolie, bien arrange... mais sans ames. Pas de salon de the mais des magasins de tapis. Pas de boulangerie mais des agences de voyages. Nous avions deja eu cette desagreable sensation en certain coin de Cappadoce... le tourisme de masse est decidement a double tranchant !

Meme si un soir nous trouvons encore un vrai accueil chez Ali dans une petite baie perdue au bout d'un chemin en terre puis un port de peche qui garde encore son activite de peche traditionnelle, nous sentons bien que l'Anatolie des petits villages et de l'authenticite est finie.

Nous filons bientot vers Istanbul, qui sonne a nos oreille comme un grand pas vers la 'maison'. Qu'est devenue cette ville qui fut Bizance et Constantinople en son temps, et qui est maintenant le point de depart de nombre de voyageurs vers l'Orient ou la destination shopping du week-end pour une jeunesse en recherche d'exotisme a quelques heures de vol de l'Europe ? Laissons-nous surprendre !

Ariane & Xavier (Turquie, le 30/03/2006 )


Hos geldiniz - ici on vient pour le bonheur

Plus rapidement que prevue donc, nous rejoignons le poste frontiere turc et constatons rapidement que l'inertie et le manque d'efficacite des douaniers impregnes du sovietisme sont derriere nous. Nous entrons aussi dans un pays marque par le modernisme introduit par Atatürk.

En penetrant par ce petit poste frontiere de Posof, nous sommes loin, tres loin des images classiques de la Turquie vehiculees par les pages glacees des catalogues de voyage. Pas de plage, pas de village de vacances, pas de bazar surcharges de marchandises en tout genre. Au contraire, nous continuons a pedaler dans l'hiver au milieu de belles forets de coniferes traversant des villages qui, sans la silhouette des minarets, nous feraient croire que nous sommes deja dans le Valais Suisse !

Nous apprenons rapidement que le joyeux 'Merhaba' signifie 'salut'. On nous fait signe de toute part, avec le sourire s'il-vous-plait ! Si l'on entre dans un magasin resonne un 'Hos Geldiniz' (bienvenue) franc et courtois. C'est que l'hospitalite est un chose importante en Turquie, une hospitalite pleine de pragmatisme. Pourquoi vouloir dormir sous la tente lorsque qu'il y a de la place dans la maison ? Vous prendrez bien une douche chez nous... et puis on va vous laver votre linge. A chaque fois que nous avons poses notre tente non loin d'une maison, nous n'avons jamais utilise notre rechaud. Le plus impressionnant, c'est de voir avec quels naturel et simplicite tout cela se passe. Nous sommes sous le charme.

Dans cette premiere partie de la Turquie, en Anatolie Orientale, nous alignons chaque jour montees et descentes... la forme revient vite. La Turquie est un pays de montagne, croyez-nous ! Ces efforts repetes sont synonymes de grosses faims regulieres et nous nous faisons un plaisir de gouter a la riche et decicieuse cuisine locale. Le Kebab bien sur, mais il y a tellement plus. Des patisseries en rafale, des plats toujours differents : nous n'avons jamais mange la meme chose lorsque nous etions invites. Vive la diversite !


Pendant une descente bien meritee a travers une etroite gorge, nous sentons un souffle chaud sur le visage et voyons nos premieres fleurs depuis plusieurs mois. Le printemps approche. Cela augmente d'autant plus notre envie du printemps que les jours sont encore courts et les nuits froides. Nous decidons de rejondre la Mer Noire dans son extremite est, la ou se trouve le grenier a the de la Turquie. 3 jours a longer la mer, a retrouver des odeurs oubliees, entendre les mouettes... et rouler 250 km sur une route plate sans devoir porter gants, surgants, bonnet ni limiter les pauses pour ne pas se refroidir. La cote est densement peuplee et le traffic intense. Nous sommes sur une grande route qui rejoint l'ouest du pays (et donc l'Europe) au Caucase et la Russie. Depuis la chute de l'URSS, les echanges commerciaux se sont enormement developpes, on le constate au nombres de camions que nous croisons.

Mais nous preferons l'arriere pays moins encombre, la ou le pain et le fromage se font encore a la maison. C'est aussi la ou nous apprenons a apprecier les maisons de the (tchai evi), reservees en general aux hommes. Les Turcs pratiquent ici un art bien a eux qui est de prendre son temps, palabrer avec le voisin de table, ou juste faire tourner le chapelet au 99 boules en observant le passant. Prendre son temps... ne rien faire... un art de vivre !
Mais a y reflechir un peu, enlevons les verres a the, le portait d'Ataturk du mur, les bonnets pointus sur les tetes... et on se croirait presque dans un de ces nombreux cafe de nos campagnes francaises. Pour nous deux, la maison de the est avant tout un lieu de rencontre, un lieu au chaud et la place pour le pique-nique quotidien. Nous l'apprecions beaucoup et avons parfois du mal a reprendre la route.


Une toute autre ambiance, non moins agreable, est celle que l'on trouve dans de nombreux quartiers traditionels de petites et grandes villes, entre les immeubles, dans des rues etroites ou le linge est accroche de toute part. Les jeunes garcons tapent dans la balle et s'essaient a l'Anglais avec nous. Les vieux passent en groupe, de retour de la mosquee avec l'invariable chapelet de boules a la main. Les filles sont a la maison, ecoutent la musique pop et participent a la preparation des repas.

Dans la vallee de l'Euphrate, nous sommes invites un soir chez Mustafa, bientot retraite et qui a passe toute sa carriere de directeur du personnel dans une entreprise a Istanbul. Ýl nous apprend que l'exode rural est tres important : 400 000 personnes supplementaires par an rien que pour la ville d'Istanbul !! Les gens quittent la pauvrete de l'Anatolie, attires par les lumieres de la ville, temple du commerce. Mustafa vit 6 mois de l'annee dans ce petit village au milieu des montagnes a 1300 km d'Istanbul, heureux de pouvoir quitter le stress du travail, de la cirulation et de tous les effets pervers de la vie dans une megapole de plus de 12 millions d'habitant. Et c'est decide, il viendra s'installer ici des sa retraite.

En arrivant a Divrigi, petit bourg surtout connu pour sa mosquee Seljoukide extravagante, nous decidons d'y passer une journee entiere pour laisser reposer les organismes. Ca fait trois semaines que nous roulons tous les jours. Petit hotel, tour du centre ville, nous entrons dans la boulangerie de Musfafa (un autre !) et Baris Kaya. Ils preparent du pain lavash et des pides, delicieux pains couverts de viandes, fromages ou oeufs. Une pide pour chacun de nous, ca fera le repas de ce soir... mais bientot nous voila avec deux verres d'ayran (yaourt melange a de l'eau et du sel) dans les main, puis deux verres de the et quelques poivrons. Impossible de payer. Le lendemain, a leur pause de midi, nous mangerons avec eux un delicieux plat de legumes froids releves d'epices et melange dans un fromage blanc. L'echange est actif, nous ne regrettons pas l'achat d'un petit dictionnaire turque-allemand. Les questions fusent de leur cote, nous en apprenons d'avantage sur leur vie (pas de vacances, travail 7 jours sur 7). Des echanges fructueux dans les deux sens. L'hospitalite a la turque, c'est beaucoup de bonheur.

Nous passons rapidement Kangal, la ville qui a donne son nom a une race de chien omnipresente dans les montagnes turques. C'est un chien de garde puissant et attentif, tres utilise par les bergers pour proteger les troupeaux des loups... et occasionnellement des velos couches (pas de grande frayeur... mais c'est toujours impressionnant !). Un dernier col et nous laissons derriere nous le monde des montagnes, filant a 30 km/h avec un vent dans le dos a decorner un boeuf. Nous penetrons dans un nouveau paysage, celui des grandes plaines agricoles qui ressemblent beaucoup a la Beauce.

Kayseri, le centre industriel et artisanal de la region, est en vue. La Cappadoce aussi.
Dans cette ville de 700 00 habitants, comme dans de nombreuses villes d'Anatolie, on pratiquent le salut traditionnel a la maison : un baiser sur la main, le front sur la main puis une tempe apres l'autre sur les tempes de son vis-a-vis. Meme entre pere et fils. Constraste, le centre-ville est semblable a n'importe quel centre-ville de chez nous avec ses galeries commercantes, ses affiches de modes 10 *15 metres, ses boutiques de portables derniers modeles (on suppose... ca fait longtemps pour nous). Les femmes sont en jean moulant, maquillees, le voile sur la tete est un apparat et se decline selon la couleur du pull et du sac a main. On se tient meme parfois la main entre couple, la poussette est de mise... 2 a 3 enfants en general. Et puis passe une femme en pantalon bouffant a petite fleur, la tenue traditionnelle en Anatolie : elle ramasse les bouteilles plastiques et cannettes pour gagner sa vie. Constraste.

Une journee et nous voila donc dans cette fameuse Cappadoce, un univers invraisemblable ou la main de l'homme a tire le meilleur d'une roche tendre pour creuser maisons, eglises,... des villages entiers. Dans la lumiere du soir, nous marchons au milieu de ces cones de roches qui semblent sortir tout droit d'un conte de fees. Tiens, d'ailleurs... on pourrait se faire une nuit a la troglodyte ? La tente reste pliee ce soir et nous nous installons dans une cavitee ideale. Une etagere est creusee dans la roche, on y met vite une bougie. Dans un coin, un emplacement pour un feu remarquable au traces noires sur le tuff : on se contentera de notre rechaud a essence.

La pluie nous freinera dans notre entreprise de visiter plus profondement ces vallees et villages troglodytes, nous reprenons la route en direction de la cote Egeenne. On a aussi envie de voir cette region et ces sites antiques qui attirent tant de touristes chaque annee (plus de 22 millions). Bon, on vous met dans la confidence, on s'est offert le bus pour rejoindre Denizli 500 km plus a l'ouest.

Ariane & Xavier (Turquie, le 30/03/2006 )


 
 
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