Voyage à vélo couché de 1 an à la découverte des agricultures et alimentations de la Mongolie, Chine, Kirgiztan, Ouzbekistan, Turkmenistan, Iran, Arménie, Géorgie, Turquie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Autriche, Allemagne, France, découverte, vélo, couché, bent, cyclotourisme, cyclo

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"La vie est un voyage, il suffit d'être prêt pour que l'occasion se présente" [proverbe mongol]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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... postées en Chine


Un petit apercu de la Chine... et deja l'Orient

Apres avoir quitte la capitale du Xinjiang, Urumqui, nous avons donc rejoint dans la chaleur et le vent une autre capitale, celle du raisin : Turfan. Situe dans la seconde plus basse depression au monde (-154 m), la ville est connue a travers toute la Chine pour ses raisins de table et secs, que l'on retrouve a 4000 km de la dans les echopes de Pekin ou Shangai.

Au milieu du desert, de belles routes toutes neuves irriguent de touristes cette citee qui, comme toute autre ville du Xinjiang, associe modernite chinoise et tradition ouighour. Nous nous attendions a trouver une ville emplie de vignes, de raisins, de maisons en terre et de ruelles poussiereuses... nous arrivons dans un centre ville moderne, aux larges avenues sur lesquelles de gros 4*4 filent de tous cotes.

Nous voulions y rencontrer un paysan qui cultive ses vignes et seche ses raisins comme il y a 2000 ans. Oui, les techniques sont toujours les memes et la modernite occidentale n'est pas encore dans ses champs... mais le tourisme de masse a transforme la population. La seule relation que nous pouvons avoir est basee sur un faux semblant amical, mais en fait surtout commercial. On vous offre une grappe de raisin, c'est pour vous en vendre 3. On vous invite a passer sous la pergola de la maison, c'est pour consommer les 12 varietes de raisins secs disposes sur une table. Les chaines hifi vous envoient dans la figure un air ouighour sur lequel une jeune fille danse, en tentant de dissimuler son manque d'enthousiasme (le pere a dit qu'il fallait danser !). Bref, c'est un Disneyland du raisin cree de toute piece par un tourisme chinois galopant. Beurk !!

Le lendemain, nous nous levons de bonne heure et parcourons la vieille ville encore conservee en partie. C'est une toute autre ambiance... nous y trouvons ce que nous cherchions : l'authenticite ! Les gens ne sont pas tous sortis de leur sommeil et le peu de lumiere de ce matin ne les incitent pas a se lever. Chose geniale, nous pouvons observer enfants, femme et vieillards se reveiller car les gens dorment dehors, sur les toits, dans la rue, dans les cours interieures. Premiers vendeurs dans les rues qui hurlent a qui veut l'entendre leurs marchandises, les femmes nettoient les cours et devant les maisons, des vieux discutent tranquillement encore installes au lit, les canards sont deja de sortie et batifollent dans les petits canaux. Ici on charge la charette de fruits et legumes pour aller les vendre en centre ville, la on sort les premiers nans (pains) des fours en terre, la encore un vieux dort quand tout le monde s'active. Toutes ces scenes de vies nous reconfortent avec ce detour accomplie pour visiter Turfan !

En ville, il est clair, comme l'indique Lonely Planet, qu'il est difficile de ne pas s'enerver lorsque l'on nous vend un article 2 fois son prix. En une soiree, nous aurons trois fois l'occasion de constater que le prix fixe n'existe pas, surtout lorsque l'on est touriste occicental ne parlant pas le chinois. Mais nous tenons bon et finissons par payer le bol de riz au "prix local"...soit 10 centimes d'euros. 10 minutes plus tard, ce sera la meme chose pour une glace pour laquelle une ouighoure essayera de doubler la mise ! Idem avec une boisson.

Acheter dans la rue peut etre fatiguant !
Les sommes sont ridicules pour nous, mais le principe de prix variable ne nous plait pas. Il nous arrivera meme d'aller dans un magasin, ou les prix sont affiches, pour acheter une boisson plutot que dans la rue, par facilite et depit.


Nous quittons Turfan et parcourons 70 km avant d'atterir dans une bourgade plus au sud. Les intestins plus que tourmentes de Xavier nous decident a prendre un bus pour faire un saut de puce de 800 km jusque Aksu, en direction de Kashgar. Cela tombe bien, c'est la partie la plus desertique et monotone de notre traversee chinoise, une succession de villes oasis reliees par une route plutot plate, bordee au nord par les Tian Shan et au sud par le desert du Taklamakan. Les fortes pluies de la semaines precedentes ont de plus rendus certaines parties difficilement praticables a velos.


Disons-le, on a pris le bus... mais ce n'etait pas gagne d'avance ! Nous attendons 3 heures le depart pour que finalement, 20 minutes avant l'heure prevue, le chauffeur nous indique que nous devons debarquer nos velos ??!! On essaye de comprendre la situation entre chinois qui gerent la gare routiere et conducteurs ouighours qui ont d'autres interets que le respect des horaires et le bon fonctionnement du transport collectif. On nous fait tout d'abord croire que ce bus est en panne, puis qu'il n'y a plus de chauffeur, pour enfin avoir la verite : le bus va a Urumqui maintenant car il y a plus de clients pour cette destination que pour Aksu. Et peu importe si nous avons paye pour deux billets pour Aksu apparement. On s'echauffe, on ne lache pas le chauffeur et on refuse de descendre les velos. Une bonne heure passee, il y a maintenant de nouveau plus de clients pour Aksu. Nous partons... 20 heures de routes avec pour ambiance la musique ouighoure a tue-tete et en boucle, la chaleur (pas de clim bien sur...) et un nombre de passager grandissant avec les kilometres (surement 50 pour 35 places). Nous en sommes convaincus, voyager a velo est moins fatiguant.

Pour rejoindre Kashgar, ville phare de la Route de la Soie situee a l'extreme sud-ouest du Xinjiang, nous prenons une route de montagne, evitant ainsi la chaleur et rectitude de l'asphalte en plaine. Nous remontons sur 4 jours une riviere dans une vallee fertile du massif des Tians Shan. Nous sommes sous le charme, autant par les paysages que par les habitants. En prenant cette route, nous nous eloignons des circuits touristiques habituels et, comme par magie, la relation avec les gens est tout autre. On nous offre des boissons, des pasteques (qu'est-ce que c'est lourd une pasteque !!!), on nous propose de nous arreter pour nous reposer a l'ombre d'une pergola... un chinois nous invitera meme au restaurant !

La vallee vit essentiellement de l'agriculture et de la sylviculture. Au fur et a mesure que nous prenons de l'altitude, les champs changent de couleurs, la riviere devient plus tumultueuse, les maisons plus isolees les unes des autres. La fleur de lin donne de belles touches bleues aux champs a 2200 metres, alors que 500 metres plus bas, il est deja recolte. Les abricots, pommes, pasteques, raisins et tournesols abondent de part et d'autres de la route. Quelle diversite !

Ici l'ambiance est clairement orientale, les chinois sont peu presents...mais toujours la. En effet, pas un village sans un poste de police flambant neuf. La population est surveillee, c'est sur. Cette presence policiere, discrete mais reelle nous rappelle que la Chine, sur de nombreux aspects, n'est pas le pays des droits de l'Homme. Controle des naissances, controle des mouvements... il y a besoin de permis pour tous, au point que lorsque l'on nous interroge sur la vie en Europe, le mot "permis" ressort regulierement. Il faut alors expliquer que nous n'avons pas besoin de ces autorisations pour trouver un travail ou aller en vacances a l'autre bout du pays.

L'Europe fait d'ailleurs beaucoup rever, mais nous essayons de relativiser certaines idees : argent facile, travail pour tous, etudes gratuites... que d'idees fausses sur nos pays.

Pour rejoindre Kashgar, nous passons un col a 3000 metres et decidons de s'y arreter pour y passer la nuit. Nous y resterons en fait une journee entiere, coinces par des pluies torentielles qui nous donnent l'impression que la montagne tombe de toute part autour de nous. Nous devrons creuser une rigole autour de la tente pour eviter d'etre inondes, nous mangerons froid pour ne pas utiliser le rechaud sous la tente. Ambiance humide et froide.

Finalement, le soleil revient le lendemain matin et nous pouvons reprendre la route sous un temps radieux dans un paysage grandiose.


Le 18 aout, nous sommes a Kashgar, carrefour culturel, commercial et geographique incontournable de la Route de la Soie. Mais une fois de plus, la modernite chinoise est partout et les vieux quartiers semblent devoir ineluctablement disparaitre. Nous profitons de la ville pour nous reposer, gouter une derniere fois a la variee et delicate cuisine chinoise. Une petite crise intestinale en prime pour Ariane : les gens n'ont pas ici les memes criteres de propretes que chez nous. Mais il faut bien gouter aux specialites locales, non ?

En quittant Kashgar pour rejoindre Irkeshtam et son poste frontiere, nous avons tout de meme le sentiment que la Route de la Soie n'est plus qu'une idee du passee... et que l'Histoire de la region (passee sovietique, la nouvelle Chine) a efface bien des traces de cette route mythique... pour combien de temps fera-t-elle encore rever ?

La Chine s'est - un peu - ouverte a nous avec la traversee du Xinjiang... nous sommes curieux d'en voir le reste du pays. Pour une autre fois !

Ariane & Xavier (Chine, le 03/09/2005 )


A nous le Xinjang

Nous sommes donc entres en Chine le 24 juillet dernier, et de suite nous constations des differences flagrantes entre pays.

Alors que du cote Mongol, la frontiere fut une formalitee avec une presentation de papiers en regle et un coup de tampon, l'affaire fut beaucoup plus longue cote Chinois. Un parcours en 6 etapes nous attendait : declaration d'intention d'entree dans le territoire, une fouille en regle - ils cherchaient essentiellement des livres, sources de connaissance strictement controlees - puis verification des visas, tamponnage, declaration des douanes et un dernier controle d'identite en sortie de zone frontaliere... on se sait jamais !

Autre contraste avec le pays des steppes, on nous parle en anglais, le personnel est equipe d'ordinateur et de tout les moyens de communication modernes, on nous prend meme en photo avec des telephones portables ! Nous sommes apparement les premiers cyclistes a traverser ce point frontiere.


Mais la plus grande surprise vint de la ville frontaliere de Tashken a 17 km de la, notre premier ville chinoise, ou la musique ouighour s'occupe de mettre l'ambiance dans les rues avec la musique, ou l'on vend des pains plats a meme le trotoir et ou des montagnes de pasteques et de melons jaunes cachent les facades de carrelage blanc. On n'avait pas vu autant de fruit depuis la France.

Des frigos et congelateurs disposes dans la rue nous incitent a acheter boissons fraiches et glaces, surtout a 15 centimes d'euros l'unite !
Nous goutons a notre premier plat chinois, le 'banmian', des pates fraiches accompagnes de legumes et d'epices, un delice pour nos papilles habituees aux plats mongols. On transpire plus avec une de ces assiettes qu'apres une journee de velo.

Enfin, on nous sert le the vert, classique dans toute la Chine.

Chinois, Ouighour ??? Expliquons un peu plus la situation.
Nous nous trouvons dans la province autonome du Xinjang, la moins chinoise des province du pays avec le Tibet. Les Ouighours et Kasaks peuplent historiquement cette region ; ce sont les Chinois-Han qui s'installerent ici plus tard, attires par les richesses agricoles et petrolieres.
C'est aini que cohabitent sans se melanger plusieurs peuples, deux religions (islam et boudhisme), le tout sur une terre de montagnes, de deserts et d'oasis.


Nous avons parcouru 650 kilometres pour rejoindre Urumqui, la capitale provinciale, a travers des paysages desertiques, des champs de petroles... le tout sur une autoroute en partie en construction. Nous connaissons maintenant tous les secrets de construction d'une route asphaltee, tant nous avons pu observer chacune des etapes dans le detail, bien couches sur nos velos.

En 5 jours, nous avons rejoint Urumqui, apres une halte d'une journee dans la famille de Kheirat Beck, un kasak veterinaire.

Nous voulions planter la tente non loin de sa maison mais c'etait sans compter sur l'hospitalite kasak. Nous avons donc fini a prendre le repas chez lui, puis y dormir. Le lendemain, il nous emmene a moto dans les montagnes environnantes. Nous grimpons, grimpons, grimpons... jusqu'a 2500 metres, et rejoignons un regroupement de yourtes ou habitent l'ete des familles entieres. Nous partons a pied ramasser des fraises des bois (jamais vu autant !!!) et finissons par manger sous la yourte de la maman d'un ami. Notre guide de conversation kasak nous aide bien a echanger et il est agreable d'avoir en face une personne qui cherche aussi a en savoir sur nous.

Apres cette ballade en altitude, nous sommes tous deux convaincus d'une chose : nous preferons definitivement la montagne au desert, surtout lorsque qu'un sommet de 5445 metres trone majesteusement au dessus de nos tetes.


En reprenant la route, nous finissons les 115 kilometres restant pour Urumqui par l'autoroute : euh, oui,... on a bien demande 5 fois aux employes, c'est possible. A un peage, un nous dit meme avec un grand sourire et le doigt pointant vers le sud :"Urumqui, 80 km". Meme la police nous a double sans mot dire. La bande d'arret d'urgence a ete une parfaite piste cyclable !

Depuis une semaine, nous sommes donc a Urumqui, 1,7 millions d'habitants, une petite ville pour l'empire du milieu. Nous avons pu reposer les organismes, rattraper le retard de rations de fruits et legumes, se goinfrer de glaces, gouter a toutes les specialites culinaires ouighoures... et se faire reveiller par la police a deux heure du matin dans l'hotel pour un controle d'identite..., bref, nous sommes en Chine.

Nous partons demain pour Turfan, gouter au bons raisins du coin. Nous descendrons de plus de 900 metres, pour rejoindre la seconde plus basse depression au monde. Il y a deux semaines, on y a enregistre 50 degres celcius...

Ariane & Xavier (Chine, le 05/08/2005 )


 
 
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