Voyage à vélo couché de 1 an à la découverte des agricultures et alimentations de la Mongolie, Chine, Kirgiztan, Ouzbekistan, Turkmenistan, Iran, Arménie, Géorgie, Turquie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Autriche, Allemagne, France, découverte, vélo, couché, bent, cyclotourisme, cyclo

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"La vie est un voyage, il suffit d'être prêt pour que l'occasion se présente" [proverbe mongol]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Les nouvelles

... postées en Mongolie


La Mongolie a velo : infos et conseils

Nous avons pense que des infos plus specifiquement ecrites pour les cyclo-touristes seraient certainement les bienvenue. Alors voila quelques informations et conseils pour ceux qui souhaiteraient faire la Mongolie a velo prochainement. Une fois de plus, il s'agit de notre experience, de nos ressentis... il y a milles facons de voyager.

Remarque : informations ecrites en 2005... les choses evoluent


* Nourriture

La Mongolie est un tres grand pays, le moins densement peuple au monde, ce qui veut dire que les distances entres les villes et les lieu pour se restaurer peuvent etre importantes. Donc il faut toujours avoir des reserves pour plusieurs jours. On s'approvisionnait avant tout dans les capitales d'aimag (marches et magasins) puis dans certains villages mais, dans ce cas, c'est souvent tres limites a des produits sucres et des boissons.

La nourriture n'est pas tres diversifiee et est constituee essentiellement de produits laitiers, de pates, de riz et de viandes. Il est possible de manger dans des 'guanz', sorte de gargotes qui proposent 1 plat (souvent) parfois plus (surtout en ville).

Les fruits et legumes sont rares, on les trouve surtout dans les grandes villes. Le mouton est servi a toute les sauces, le the au lait pris traditionnellement en prend meme l'odeur. La Mongolie est un pays difficile pour les vegetariens !

Pour le petit dejeuner, nous prenions soit de la semoule de ble (le plus souvent) soit des flocons d'avoines ou des muesli (plus difficile a trouver). Nous achetions le lait (yack ou vache) aupres des nomades la veille pour le lendemain, sinon nous avions de la poudre de la lait.

Pour les 'pauses energies', on a trouve des sacs de cacahuetes au kg, des ananas seches, des raisins secs. Le genre de choses a acheter imperativement dans les grandes villes.

Et pour relever les repas du soir (pates ou riz), nous avions emportes de France differentes epices et herbes... c'est leger, et ca change un plat !! On trouve aussi du poisson en boite (parfois des surprises) et du concentre de tomate. Ca diversifie.


* Eau

La Mongolie beneficie de grosses ressources d'eau, mais elles sont inegalement reparties dans le pays. Nous avions toujours avec nous au moins 10 litres d'eau, et jusqu'a 22 litres dans les zones desertiques.

Nous utilisions un filtre a eau (filtre ceramique) systematiquement, meme avec l'eau des chambres d'hotels. Lorsque nous etions proches de zones d'habitations, nous ajoutions une solution cloree contre les virus d'origine humaine.

Tous les villages possedent au moins un point d'eau soit sous forme de puit, de pompe a eau, de source ou de riviere. Il y a parfois des horaires pour les pompes et puits.

L'eau en bouteille se trouve dans les grandes villes, plus rarement dans les villages avec magasins.

Une chose sur : la ou il y a une yourte, il y a de l'eau. Mais il n'y a pas des yourtes partout...

En plein ete, de nombreuses sources et rivieres sont assechees, il ne faut donc pas trop se fier aux indications des cartes.

* Camping

Nous n'avons jamais eu de mal a trouver un emplacement, la terre appartient a tous (sauf en ville). Mais il est parfois difficile de planter la tente dans certains coins, quand le sol est trop caillouteux (les sardines ne rentrent pas) ou trop sableux (les sardines ne tiennent pas).

La poussiere peut etre un gros probleme, pensez a bien fermer les sacoches et la tente interieur ! Le vent peut se lever tres rapidement et nous a souvent surpris par sa force.

Nous avons aussi evite de camper trop proche des yourtes (< 300 metres) par respect mais aussi par tranquilite. Lorsque nous etions proches des villes, nous essayons de ne pas etre visible de celle-ci ni de la route. L'alcool est un probleme, nous voulions eviter les mauvaises rencontres.


* Routes

On parlera plutot des pistes, le reseau asphalte se limitant a un petit millier de km.

Il y a tous les types de pistes, de la tres roulante (grisante !) a la plus difficile avec de grosses pierres, du sable, ou de la tole ondulee. Nous avons apprecie nos suspensions, remorque y compris !

Le materiel souffre beaucoup, il est donc preferable de partir avec de bons portes baggages, de bonnes jantes et des pneus costauds.

Nous avons remarque qu'il est souvent plus facile de rouler sur les pistes formees a droite ou a gauche de la piste principale, defoncee avec le temps. Les traces de moto, etroites, sont souvent bonnes aussi. A vous de juger...

* Langue

Nous avions avec nous le petit guide de conservation Mongol de Lonely Planet. Il est plutot pratique, mais est vite limite. Nous conseillerions de le completer avec un mini dictionnaire (a trouver a Ulaan Baatar), sans quoi certaines discussions peuvent devenir vite cocasses... experience faite.

On nous avait conseille d'apprendre le russe. Cette langue s'est avere tres peu utile, seul les anciens le parlant... et pas tous. Cependant, dans le nord du pays (nous n'y sommes pas alles), il est surement plus parle.

* Argent / cout de la vie

Nous avons fait un retrait unique de togrog (monnaie mongol) a Ulaan Baator avec une carte VISA, les retraits etant difficiles (impossibles ?) ailleurs. Il est par contre possible d'echanger des dollars US contre des Togrog (monnaie mongole) dans la plupart des villes; . C'est une securite si on vient a manquer d'argent local. Les Euros se changent sans probleme dans la capitale.


En comparaison avec la France, le cout de la vie est tres faible. La monnaie n'est pas tres forte et il est donc delicat de donner un ordre de prix exacte. Quelques prix tout de meme, sachant qu'en juin 2005, 1 Euro vaut environ 1450 togrog.

- Un soda 1,5 litre : 500 a 800 togrog
- Une chambre double en hotel (hors capitale): 5000 a 8000 togrog. (nb : pas d'eau chaude, pas de douche, pas de clim,...)
- Un repas dans un guanz : 700 a 1300 (tres variable) togrog
- 1 kg d'ananas seche : 2500 togrog


* Orientation

C'est un point essentiel pour la Mongolie ! Nous avons achete a Ulaan Baator des cartes topographiques au 1:500 000 (Map Shop). Elles sont de bonne qualite meme si nous avons note quelques erreurs dessus. Elles indiquent les rivieres, points d'eau (pas toujours tres fiable), les villes et villages, et, surtout, elles peuvent etre utilisees avec un GPS (coordonnees geographiques en WGS 84). Nous avions egalement une carte routiere generale (Mongolia Road Map) indiquant les kilometrages et permettant d'avoir une vue generale, car les cartes topographiques s'achetent en grandes feuilles (8 pour notre trajet), pas pratique a manipuler.

le GPS, indispensable ? c'est la question que nous nous etions posee avant de venir en Mongolie. Nous l'avons utilise que tres peu, mais nous avons ete tres content de l'avoir dans certaines situations (paysages sans points de reperes, hesitation entre deux pistes). surtout en fin de voyage lorsque nous avons quittes les routes principales dans l'extreme sud-ouest.


Il ne faut pas hesiter a demander les directions aux nomades, mais sachez prendre les reponses avec des pincettes. Ils ont tendances a raisonner par rapport a leur moyen de deplacement favoris (chevaux, moto), ou indiquent parfois uniquement la direction de la ville, plutot que la direction du chemin amenant a cette ville !!

Enfin, les lignes electriques sont souvent un bon fil d'Ariane a suivre (sauf si vous n'allez pas d'une ville a l'autre).


* Internet

En dehors de Ulaan Baator, et peut-etre quelques grosses ville au nord (disposant de nombreux cafe internet), les seuls points d'acces internet sont les bureaux de poste dans les capitales des aimags. La connexion n'est pas tres rapide (type 56 K) mais elle suffit pour mettre a jour un site web et envoyer des emails. Le seul probleme sont les coupures de courants intempestives qui arrivent toujours en milieu d'ecriture d'un email !

Ordre de prix : 600 a 800 togrog par heure



Voila ! Pour le reste, a vous de decouvrir. Le pays change vite. Nous sommes passes dans des villages ou il y a seulement 5 ans, il n'y avait que du riz dans les magasins ; on y trouve maintenant une gamme bien plus large de produits alimentaires, mais aussi des produits cosmetiques, des sucreries, ...

Ariane & Xavier (Mongolie, le 03/08/2005 )


Fin de demenagement mongol

Depuis nos dernieres nouvelles, nous avons acheve notre bout de piste en Mongolie, un beau morceau de 700 km a l'extremite sud-ouest du pays, avec son lot de surprises, de joies et de deceptions...

Demenagement ?? c'est ainsi qu'est percu notre voyage par les nomades... comme eux transhument d'un lieu a un autre.

4 jours apres Uliastai, nous rejoingnons Gobi-Altai, une halte obligee pour faire le plein d'energie et de provisions avant d'affronter la partie la plus difficile de notre parcours en Mongolie. Jusqu'a la frontiere chinoise, nous transporterons systematiquement 20 litres d'eau (20 kg en plus...). Les trois premiers jours nous mettent de suite dans l'ambiance avec un desert : nous nous battons contre le sable et la chaleur, nous ne croisons personne pendant ces journees qui resteront difficiles et graves dans nos memoires. Un soir nous n'avons plus d'eau et decidons de partir a pieds dans une montagne a la recherche d'un hypothetique point d'eau indique sur notre carte au 1:500 000 (c'est a dire pas tres precis, meme avec un GPS) : pas de source... mais des traces d'animaux. Nous les suivons et arrivons finalement a un petit ruisseau borde d'herbe bien verte, nous sommes au paradis ! L'eau est la Vie, il faut vivre ce genre de situation pour vraiment s'en rendre compte.

Nous croisons nos premiers chameaux. Ils se deplacent en troupeau, certain sont sauvage, d'autres appartiennent a des nomades qui se nourissent de leur lait et recoltent lalaine. Ca fait de beaux et chauds vetements, Xavier a achete un pull d'ailleurs.

Le lendemain, nous rejoignons un village ou une pompe a eau et des gens accueillants nous attendent. Nous cherchons du pain, ce qui constitue avec la confiture l'essentiel de notre repas du midi... le seul magasin du village n'en a pas, dommage. Les guanz ou nous avions l'habitude de manger ne sont qu'un lointain souvenir, car en prenant le chemin de la frontiere, nous avons quitte les pistes principales. Au moment de quitter le village, une jeep deboule, une petite fille en descend avec un pain en main et nous l'apporte. Nous n'avons pas le temps de sortir de quoi payer que la voiture est deja repartie. Une attention discrete et bienveillante qui nous donne le sourire pour le reste de la journee.

Nous passons les jours suivants a monter et descendre successivement plusieurs cols dont le plus haut culmine a 3100 metres ; nous croisons tres peu de monde. Seuls les villages s'animent ces jours-ci avec le Naadam, la fete nationale. Nous avons l'occasion d'etre au coeur de cette fete qui met en scene les principaux sports mongols : courses de chevaux et combats (proche de la lutte). Des enfants de 7-8 ans chevauchent sans selle leurs animaux favoris sur 15 km, nous sommes admiratifs. A l'issue des competitions, les gagnants (ou les parents !) recoivent des tapis, des chaines HI-FI et le respect de tout le village. C'est aussi la fete pour les petits nomades, ils ont droit a de la limonade !

Cette derniere etape nous a aussi laisse un gout amer et nous nous interrogeons parfois sur la reelle motivation de l'hospitalite mongole. Un soir, un jeune mongol de 23 ans nous invite avec insistance a dormir chez lui, nous finissons par accepter. Nous passons la soiree avec lui, il nous emmene le lendemain dans la steppe a moto suivre le naadam. Tout ca est tres gentil mais il ne s'interesse pas plus que ca a nos personnes... Alors que nous partons, il nous demande de l'argent pour la nuit (une somme superieure a celle d'un hotel !) . Nous refusons et lui faisons comprendre qu'on invite pas des gens pour ensuite leur demander de l'argent. Nous aurons le meme type d'experience avec une invitation dans une yourte pour un repas... yourte qui se transforme en guanz avec passage a la caisse en fin de repas. Bien sur, nous avons a leur yeux de l'argent, les sommes demandees ne sont pas enormes. Mais nous refusons par principe qu'une relation ne soit basee que sur un interet financier, a moins qu'il soit clairement exprime des le debut. Il nous semble que certains mongols usent - et abusent - de leur legendaire hospitalite pour soutirer aux touristes quelques euros. A cela c'est ajoute sur la fin du periple une saturation du au manque d'intimite (impossible de manger en ville sans avoir 20 personnes autour de soi) et de respect pour le materiel d'autrui... On touche a tout, on monte sur nos velos, on boit dans nos poches a eau sans demander. Une neo-zelandaise vivant depuis plusieurs annees en Mongolie dit avec philosophie "In Mongolia, things do not get stollen, they get used"... ca en dit beaucoup.

Relativisons tout de meme : nous devons certainement saturer de 7 semaines passees en Mongolie, un pays dont les coutumes et comportements sont si eloignes des notres que nous finissons par ne plus les supporter.

Apres cette traversee eprouvante, nous rejoingnons Bulgan, ville frontaliere-oasis qui marque la fin de notre periple en terre Mongole. Nous retrouvons une route fraichement asphaltee, la premiere depuis 1600 km. Elle est l'oeuvre des Chinois, qui veulent developper le commerce avec cette partie du pays.

Nous avons traverse la frontiere le 24 juillet dernier... bonjour la Chine !

Ariane & Xavier (Mongolie, le 01/08/2005 )


Un peu plus de notre quotidien mongol

Nous voila de retour en ville pour vous donner nos impressions apres 10 jours passes en zone de montagne, parmi les forets de melezes et les champs de fleurs.

Nous sommes depuis avant hier a Uliastai, la capitale d'un aimag du centre-ouest mongol. Pour y arriver, nous avons affronte des pistes sableuses ou caillouteuses tres peu roulantes : nous sommes heureux d'avoir opte pour une remorque avec suspension et ne deplorons aucune casse ni crevaison.

Plus nous nous enfoncons dans le pays et plus le traffic est faible, ce qui n'est pas un mal, chaque vehicule soulevant un nuage de poussiere qui nous absorbe a chaque fois.

Nous sommes maintenant bien habitue au rythme du voyage a velo et aux coutumes mongoles si differentes des notres. La vie avec le vent (quotidien) et le soleil, la poussiere et les nuits fraiches est une realite et il est certain que traverser un tel pays n'est pas une sinecure... ni en jeep, encore moins a velo.

Mais il y a mille et une raison de se rejouir d'etre la chaque jour. Nous achetons des que nous pouvons notre lait frais de vache ou de yack aupres de nomades pour les petits dejeuners. Notre menu se resume a deux ou trois plats, la diversite culinaire n'est pas une notion que les mongols pourraient apprehender. Nous prenons alors conscience de la chance que nous avons de vivre dans des pays ou il est possible de ne jamais manger un meme plat dans lun meme mois. Il nous arrive d'ailleurs de rever a des paniers de fruits frais, des etales de marches bien achalandees... Nous repensons a cette situation bien connue de tous dans un supermarche europeen : nous cherchons un produit bien specifique mais le rayon a ete deplace depuis la semaine derniere... et nous pestons. Ici, ce n'est pas le tour du magasin que nous faisons, c'est le tour de la ville pour essayer de trouver un paquet de semoule de ble... parfois en vain.

Nous avons appris a connaitre le quotidien des nomades, tres repetitif d'un jour a l'autre. La femme travail du matin au soir et n'a pas vraiment de temps pour elle : enfants, traite des betes, cuisine, menage, corvee d'eau, lessive, couture... les enfants, surtout les filles, aident a ces taches menageres. Les hommes, eux, se limitent a la surveillance des troupeaux a pied ou a cheval, a la tonte... et a la sieste. En Mongolie, les mouvements feministes sont encore a des annees lumieres !

La premiere intrusion dans une yourte avait ete un moment tres special, nous cherchions des reperes que nous ne trouvions pas (ou se mettre, quoi faire, quoi ne pas faire), nous avions l'impression de gener ses occupants. Nous y sommes dorenavant bien habitues et avons compris que nous pouvions y entrer et sortir facilement, nous y allonger pour s'y reposer ou boire un bol de the au lait. La rondeur de sa construction a quelque chose de tres reposant et nous nous y sentons bien... pourquoi n'y a t'il pas plus de maisons rondes en Europe ???
Nous avons eu l'occasion pour le midi de nous arreter a plusieurs reprises dans des yourtes-cantines. Le repas est prepare sous nos yeux en 40 minutes, nous savons dorenavant quel met laitier prendre dans l'assiette que l'on nous tends... et lequel laisser.

Un apres-midi, nous demandons a un nomade a quel distance se situe la prochaine ville. Il nous repond apres reflexion qu'elle se trouve a 700 km de la... alors qu'elle se trouve en realite a environ 250 km ! Cet homme avait en dehors de son cheval, aucun moyen de locomotion et n'avait apparement jamais fait le deplacement jusqu'a cette ville. Nous prenons alors conscience que, pour lui, 700 km signifiait simplement "tres loin", et notre besoin de tout mesurer dans des unites absolues et precises n'est pour lui si necessaire ni utile...

Surpris et decus, nous l'avons ete peu avant notre arrivee sur Uliastai : plusieurs voitures sont stoppees sur les rives de la riviere en amont de la ville, chaque proprietaire lavant avec soin chaque recoin de la carrosserie a grand renfort de produits, souillant le sol ou paissent des vaches noin loin... et l'eau de la riviere. Apparement, ces hommes n'ont pas en tete que c'est cette meme eau qu'ils utiliseront ce soir pour preparer le the chaud.

Hier, nous avons rencontre un couple d'americains, Amy et Bird, travaillant pour le Peace Corps. Ils vivent ici depuis 2 ans, dans une yourte en plein centre ville. Cet echange "entre occidentaux" nous permettra d'en apprendre d'avantage sur la culture mongole et la rudesse des hivers. Tous deux tentent de faire avancer les choses dans leur domaine de competences, mais ils nous avouent qu'il est difficile de travailler sur des projets a long terme avec les mongols. Un projet de plus de deux semaines, nous confit Bird, n'a jamais abouti !

Demain, nous reprenons la route en direction du Gobi, plein sud - et nous esperons enfin croiser un chameau !

Ariane & Xavier (Mongolie, le 27/06/2005 )


Premiers kilometres et premieres impressions

Apres les premiers jours dans le pays des nuages immobiles et des grandes etendues, la Mongolie nous a deja offert bien des moments et des rencontres inoubliables. Mais nous avons aussi decouvert un pays ou les sacs poubelles et autres dechets volent au vent... la conscience environnementale n'etant pas de mise apparement.


Nous avons quitte Ulaan Baator depuis 8 jours maintenant et avons roule plein ouest sur environ 500 km pour atteindre Tsersterleg, capitale d'un Aimag (province) au centre de la Mongolie. Les premieres centaines de kilometres nous ont de suite mis dans l'ambiance mongole puisqu'une fois la capitale laissee derriere, nous nous retrouvons rapidement en plein nature et nous decouvrons rapidement cette petite taches blanches dans le paysages : les yourtes, l'habitat traditionnel.

Nous grimpons et devalons beaucoup les routes qui serpentent sur le relief doux mais toujours bien present. Les panneaux signaletiques nous rappellent que l'ere communiste n'est pas si loin : tous les panneaux indiquent 12 pourcents de pente ! en realite, les pentes oscillent entre 8 et 15 pourcents.

Tel un avion, nous avoins decolle avec un bon vent de face... mais celui ci est reste oriente plein ouest durant nos 5 premieres journees. Ce n'est pas habituel pour la saison nous dit-on...

Des le deuxieme jours, nous faisons un arret au bord de la route, attires par une famille regroupe autour d'un parc a animaux. Tout le monde est a l'oeuvre pour la castration des jeunes moutons et chevres. Nous assistons pendant 1 heure a cette scene pleine de simplicite, de rire et de tradition. Le pere realise la castration, la mere tient la bete et les fils la fille cours apres les jeunes moutons et chevres pour les amener vers leur destin d'animal domestique. Une grand mere, pour sa part, parvient avec une dexterite deconcertante a stopper la fuite des jeunes femelles pour les marquer a l'oreille. Ariane particpie a la tache, essayant tant bien que mal d'attraper une bete.
Nous repartons sur nos montures, heureux d'avoir pu partager l'espace d'un instant le quotidien d'une famille.


A partir du 5eme jour, nous rencontrons nous premieres pistes... il faut bien parler de pistes au pluriel, tant leur roulabilite va de la mention 'tres bien' a 'tres mauvais'. Nous le savions, c'est maintenant un realite qui n'epargne ni notre physique ni notre materiel. Une crevaison deja...


Jour apres jour, nos decouvrons un peu plus l'hospitalite des nomades qui nous invitent a partager un morceau de fromage sous la yourte ou sur le bord du chemin. Le geste est toujours desinteresse, mais nos velos couches n'y sont pas pour rien non plus. Les gens sont curieux et cherchent toujours a comprendre comment nos velos un peu speciaux fonctionnent. Memes les nomades a plus d'un kilometre quittent leur troupeau et nous rejoignent a grandes chevauchees pour voir de plus pres les droles d'engins qu'ils ont d'abord observes de loin a la jumelle.


La steppe est vraiment leur element. Il s'y deplacent si facilement allant visiter le voisin a 3 km de la, sans interrompre la surveillance de leur troupeau. Ces etendus sont leur environnement comme nous sommes habitues a notre centre villes bruyant ou notre petite place de village avec son clocher. Dans cette steppe,nous avons bien du mal a estimer les distances. Et lorsqu'on s'y essaye, nous sous estimons systematiquement de plusieurs kilometres.

Hier, alors que nous sommes sur une piste bien calme, en pleine chaleur, nous voyons apparaitre au loin une moto. Nous n'y faisons pas plus attention que ca. Cinq minute apres, elle s'arrete a quelques centaines de metres devant nous... nous n'y pretons toujours pas attention. Alors que nous passons a sa hauteur, un jeube garcon court a notre rencontre et nous fais signe de nous arreter. 'Airag, Airag !!' nous dit-il. Son pere reste pres de la moto ouvre de son cote un pot a lait. Nous amenons nos tasses (toujours a portee de main en Mongolie, tres important !!). Voila que nous goutons pour la premiere fois ce fameux airag, un lait de jument fermente. C'est une boisson tres fraiche, elle arrive a point nomme. Nous discutons un peu a grand renfort de gestes et de notre guide de conversation mongol, puis reprenons la piste. Encore un moment magique que nous savourons avec bonheur.


Nous quittons la ville ce soir pour rejoindre la 'campagne' et trouver un emplacement pour notre tente. Ici commence la montagne du Khangai, certainement la partie la plus dur de notre traversee mongole.

A bientot...

Xavier (Mongolie, le 15/06/2005 )


Vent et surprises a Ulaan Bator

Nous sommes depuis 3 jours maintenant dans la capitale Mongole et nous pouvons dire que notre sejour a tres bien commence. En effet, nous sommes attendus tard le jeudi soir par Bhum et Gesu a l'aeroport qui avaient prevu un van pour transporter nous et nos cartons imposants (arrives en tres bon etat d'ailleurs...) a un Guesthouse dans Ulaan Baator. Mais personne ne nous y attendait !

Gesu nous propose alors de venir chez lui, nos velos seront au securite dans son garage... et nous serons au chaud. Mais surtout, nous pouvons decouvrir une famille mongole dans leur environnement et avoir des premiers echanges fructieux. Ah oui... Gesu a etudie 4 ans a Berlin, il parle tres bien allemand. Il a deux enfants et travaille en ete dans le tourisme, et en hiver dans le cinema. Nous prenons conscience que nous sommes accueillis par une famille aisee et que leur appartement (modeste, 50 m2) est deja un luxe. D'ailleurs, sur le million d'habitants de Ulaan Baator, pres de la moitie loge dans la traditionnelle yourte. L'autre moitie vit en immeuble.

On ressent un grand contraste entre la presence de marques europeennes comme Hugo Boss ou Swatch dans les magasins ou panneaux publicitaires et l'ambiance generale de la rue, grise et sale.

Surprise de taille, nous avons ete invite le premier jour a la television pour un interview. En effet, Bhum, membre du parti Vert Mongol, est responsable d'une societe de voyage organisant des tours en Mongolie selon l'idee d'un tourisme doux, dit "ecotourisme". Il intervenait dans une emission a ce propos et nous a propose de parler de notre voyage comme exemple concret d'ecotourisme. Nous sommes ainsi passes en direct a la TV, Bhum traduisant de l'Allemand en Mongol.

Mais le plus marrant fut de se faire apostropher le lendemain dans un "guanz", sorte de cantine publique, puis dans un bazar, par des personnes nous ayant vus a la tele.

Ce matin, nous avons decouvert les sommets enneiges aux alentours de la capitale ; la nature nous appelle... nous avons decide de quitter Ulaan Baator demain pour rejoindre rapidement les steppes, loin du bruit citadin... mais ils nous restent encore a acheter les flocons d'avoine et quelques cartes !!


Merci a tous ceux qui nous ont laisse des petits mots gentils sur notre email. Excusez-nous si nous ne repondons pas a tous.

Ariane & Xavier (Mongolie, le 05/06/2005 )


 
 
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